Comprendre la blockchain

Comme toute nouvelle technologie, on peut la rendre ésotérique ou bien par quelques exemples faire comprendre sa proximité avec de nombreuses choses avec lesquelles nous sommes familiers comme le langage ou l’internet. C’est le but de cette page que d’éclairer par un jeu de questions et réponses les multiples facettes de la technologie blockchain, ce qui en fait sa force disruptive ainsi que sa prochaine universalité. Si ces éléments vous sont déjà familiers, vous pouvez aller directement en section intermédiaire ou bien avancée.

Est-il nécessaire d’être ingénieur, développeur ou informaticien pour comprendre la blockchain ?

En synthèse, non. Mais tout dépend le niveau de compréhension que l’on souhaite avoir ou bien le niveau de maitrise que l’on vise quand on route-sous-sol-page-observatoireutilise une technologie. Demandez par exemple à quelqu’un de vous expliquer le fonctionnement d’un moteur, 99% seront incapables de vous expliquer les évènements propres à chacun des 4 temps. Et pourtant il y a un milliard de voitures qui roulent. Pareil pour les avions, les trains, les avions, les PCs, … et les 25 milliards d’objets connectés qui vont cohabiter avec l’espèce humaine.

De la même manière en 1992-94, il y avait énormément de tentatives pour tenter d’expliquer ce qu’était l’internet avec ses protocoles TCP-IP, la différence entre Mosaïc et Netscape, les vitesses de transmissions … De nos jours 3 milliards d’utilisateurs et à nouveaux 99% de ceux-ci incapables d’expliquer la couche technologique sous-jacente.

Il en est de même, vous pouvez avec la blockchain ouvrir le capot et mettre les mains dans le cambouis car nous sommes au tout début et au début du siècle dernier il fallait être capable de démarrer sa voiture avec une manivelle ou nettoyer ses bougies si elles étaient « noyées ». Mais très rapidement cela va être oublié. En revanche les grands principes et potentiels d’utilisation vont rester : authentification et certification, horodatage et marquage, chiffrement et protection des données, nouvelles opposabilités légales permises, automatisation de taches, réaction ou validation automatique …

A ceux qui ont une âme ou une vocation d’ingénieur, de codeur, d’informaticien, … les deux parties suivantes (intermédiaire et avancé) vont donner les infos essentielles pour aller piocher un peu plus loin dans l’immense bibliothèque qu’est internet, notamment pour tous les protocoles comme Euthereum disponibles et mis à jour en permanence par la communauté OpenSource sur Github.

De quand date cet engouement pour la blockchain ?

google-trend-bitcoin-blockchainQuelques articles suite à Devcon 1 (grande « messe » annuelle de tous les développeurs et promoteurs de la Bitcoin) à l’automne 2015, une propagation de la vague d’intérêt venue des Etats-Unis via les réseaux sociaux et voilà la quantité des recherches faites sur Google pour la blockchain à presque égalité à la mi-octobre 2016 avec le bitcoin.

 

Comment expliquer cet intérêt pour la blockchain ?

Jusque là, la blockchain c’était le bitcoin. Même si c’est bien le bitcoin qui a été la première application et a phagocyté la technologie sous-jacente qu’est la blockchain. Mais quand on relit les phases initialement prévues par Nakamoto (pseudo de l’inventeur de la techno), il est assez clair que le déploiement de cette technologie devait se faire en plusieurs phases. On peut même parler avec le Bitcoin de blockchain 1.0. L’écrasante majorité des utilisations ont été faites au cours des 10 dernières années dans le domaine financier. Mais nous sommes entrés depuis 2015 dans la genèse de blockchain 2.0.

cash-register-observatoire-blockchainUn autre mécanisme de renforcement de cet engouement est à l’oeuvre : l’ubérisation ou la recherche systématique de la disruption des business models ou modèles économiques issus du passé. C’est devenu un sport que d’appliquer une boutade proche de l’instruction que tout matelot reçoit en montant sur un bâtiment : « saluer tout ce qui bouge et peindre tout ce qui ne bouge pas ». Ici le sport est de tirer sur tout ce qui n’a pas bougé. Les taxis sont un exemple avec Uber. La lutte contre des prix de chambres d’hôtel trop élevés et valorisation de la vacance des appartements en est un autre avec AirBnB.

Mais la blockchain permet beaucoup plus que la simple « ubérisation » : la certification qu’elle apporte par le chiffrement de l’information et le stockage distribué de cette certification ouvre la voie à la suppression des tiers de confiance classique que sont l’Etat, les huissiers, les notaires … Ce n’est pas le sens de l’observatoire que de couvrir d’autres secteurs de l’énergie mais le front de la vague est très large et touche tous les secteurs quasiment sans exception.

Pourquoi peut-on parler de blockchain 2.0 ?

Pour une raison assez simple. Jusque-là l’information que contenait le block était une simple compilation de l’histoire du block lui-même, la somme des évènements qui lui était « arrivés » comme la date d’une transaction ou l’émetteur ou l’objet de la transaction. Avec la blockchain 2.0 s’ouvre une nouvelle voie prévue par Nakamoto : l’inclusion au sein des blocks de mini-programmes qui déclenchent des actions en fonction d’information reçues ou de conditions atteintes.

Est-cela que l’on appelle les smart contracts ?

En effet, on parle parle bien de « smart contracts » pour caractériser l’existence d’une part de la dimension contractuelle (la relation figée et intelligence-artificielle-observatoire-blockchainagréée entre deux parties) et d’autre part la présence de l’intelligence évolutive embarquée dans le programme (« tu as bien fais cela donc j’exécute telle autre tache »). C’est ce type de blockchain que la Grèce a utilisé pour l’émission de ses reçus d’impôts payés quand l’argent avait bien été perçu.

Ce dernier exemple montre d’ailleurs que la terminologie de smart est trompeuse car c’est plutôt de « stupid contract » dont on parle là. En revanche si vous mettez un ensemble de conditions et d’informations à la disposition du block pour agir ou enregistrer ou prévenir … on voit bien que quelque chose de plus évolué est à l’oeuvre, une sorte de micro-système expert qui est activé toutes les périodes déterminées (cas par cas ou bien dixième de seconde, seconde, minute …).

On a donc un contrat fluide ou vivant qui s’auto-applique dans des limites fixées et qui peut même évoluer si un zeste de machine learning a été ajouté au contrat pour lui permettre d’auto-évoluer en sus de l’auto-application. Ce pourra être le very smart contract.

Des exemples d’application de cette blockchain 2.0  à l’énergie ?

Rien de tel que de rester concret, dans le domaine de l’énergie et de prendre des cas en cours de paramètrage ou des pilotes en cours de déploiement :

  • si vous vendez de l’énergie produite par un immeuble ou une maison à un voisin qui est à une centaine de mètres du lieu de production, plusieurs règles vont être codées en quelques lignes informatiques (quel que soit le langage utilisé d’ailleurs) : la distance parcourue, la formule de perte en ligne en fonction de … la ligne et du voltage continu ou alternatif, les rendements des convertisseurs… mais aussi la décision ou pas que peut prendre un « sur-producteur » de donner ses électrons (son courant) à des personnes défavorisées ou dans un besoin passager ou contre d’autres services à la personne ou produits de la ferme par exemple. Dimension sociale extrême permise par la blockchaine sur laquelle l’Observatoire reviendra à un autre endroit.
  • imaginez en plus une batterie et d’autres règles viennent se rajouter : rendement de la charge, décharge temporelle, rendement de décharge … règles pour lesquelles la température va être critique pour avoir une explication d’un rendement déplorable par exemple.
  • allons plus loin et pensons micro-grid, c’est-à-dire système interconnecté de producteurs et consommateurs avec leurs logiques très différentes (capitalistique, sociale, don …), tout en respectant des règles d’optimisation de la distribution …

Ok pour la blockchain et ses protocoles différents, mais pour le bitcoin comment cela se passe-t-il ?

Rien de tel qu’un bon graphique ou infographie pour décrire les différentes étapes de la réalisation d’une transaction à base de bitcoin. N’oublions pas que c’est un retour à la blockchain 1.0 et ce que vous avez lu précédemment vous permet maintenant de percevoir les améliorations apportées depuis à ce process très … énergivore. Un peu fastidieux mais 10 minutes à suivre le plus vous permettrons d’en savoir bien plus que toutes les personnes qui vont vous en parler dans l’année qui vient : )

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